Un ancien Noël…

Hello Hello,

Ça y est, on est le 24 décembre ! C’est la veille de Noël !! 😍🎄

Pour l’occasion, j’ai eu envie de vous raconter une petite histoire !

Comme tous les ans, la maison d’édition Edilivre met en place le concours de littérature « 48h pour écrire ». Le but : Écrire une nouvelle de 10 000 signes maximum  en 48h. Pour l’édition 2018, on a pu découvrir le thème qui était « Souvenir » le vendredi 23 novembre et le concours se terminait le dimanche 25 novembre.

Comme j’ai rapidement été inspiré par le thème, j’ai eu envie de participer. On aura les résultats des gagnants le 17 janvier 2019, mais comme c’est une petite histoire de Noël, je me suis dit que ça pourrait être sympa de la partager avec vous et d’avoir vos retours ! 😊

J’espère que ce dernier article du Calendrier de Nella vous plaira et que vous me donnerez vos avis sur cette nouvelle que j’ai beaucoup aimé écrire ! 😊👌

En attendant, je vous souhaite de passer un très beau réveillon de Noël et de très belles fêtes de fin d’année ! 😘🎄🎅

 


UN ANCIEN NOEL…

  • « Madame Ghot ? Madame Ghot, réveillez-vous, c’est l’heure de prendre votre déjeuner.
  • Quelle heure est-il ?
  • Il est midi passé, vous devez avoir faim !
  • Mon cerveau a semble t-il oublié de ressentir la faim, tout comme il oubli de plus en plus de chose ces derniers temps.
  • Il n’est plus tout jeune, ne lui en voulait pas ! Il a 90 années de bons souvenirs à se rappeler.
  • Oh, vous êtes marrante ! Malheureusement, mes souvenirs semblent me quitter jour après jour, j’ai de plus en plus de mal à me rappeler. C’est drôle, vous savez, j’ai passé ma vie à essayer de noter tout ce que je faisais, à prendre chaque moment en photo, tout ça pour ne jamais oublier et là, la vie prend ironiquement sa revanche.
  • Que voulez-vous dire ?
  • On ne peut pas tout garder, il y a des choses dont il faut profiter sur le moment, les souvenirs sont fait pour ceux qui ont des regrets et on ne doit jamais rien regretter, regardez moi, je suis mourante, je ne vais pas emmener mes souvenirs dans ma tombe, mais je me rappelle avoir passé de bons moments et même si je ne me rappelle pas de tout, j’en suis heureuse !

L’infirmière regardait la vieille dame avec un sourire attendrissant sur les lèvres. Elle en oublia presque de lui donner son repas. Quand elle lui apporta son plateau, elle donna un petit coup de hanches sur une des chaises qui cogna sur un meuble et fit tanguer les quelques objets posés dessus.

  • Qu’est-ce que c’est ? Demanda Madame Ghot, en apercevant un objet en verre scintiller au fond de la pièce.
  • Oh, on ne vous a pas dit ? Votre fille est passée toute à l’heure, elle vous a apporté quelques choses pour que vous vous sentiez chez vous !
  • On ne se sent jamais chez soi à l’hôpital, souligna la vieille dame, pouvez-vous me l’apporter ?
  • Bien sûr !

La jeune femme prit avec soin la boule à neige posée sur une étagère en bois et lui amena.

  • Vous êtes gentille.

Madame Ghot prit l’objet en main et l’admira quelques instants. Soudain, des larmes roulèrent sur ses joues.

  • Vous allez bien ?
  • Oh, oui, je… Elle s’essuya les yeux, cet objet fait parti de mes bons souvenirs, ceux que je ne pourrais jamais oublier.

Ayant bien compris que la femme était plus que touchée par les souvenirs que lui remémoraient cette boule à neige, l’infirmière s’assit sur une chaise à côté d’elle et l’écouta raconter son histoire. Elle plongea son regard bleu azur dans le paysage que représentait l’objet, elle la secoua et la neige tomba sur les bâtiments.

C’était en 1945, en décembre, Noël approchait. La guerre était terminée depuis quelques mois, et un souffle de soulagement régnait encore dans tout le pays. A cette époque, j’étais encore une toute jeune fille. J’aimais me promener sous la neige, et ce jour-là, de gros flocons étaient tombés toute la nuit, j’étais ravie. Je mis mon trench, mes bottes de pluie, mon parapluie et je sortie. J’eus à peine le temps de mettre mon bonnet en laine blanche que la neige avait déjà recouvert mes cheveux. Après quelques minutes de marches, je me rendis dans une boulangerie.

  • Bonjour Gisèle, dit la boulangère, un croissant ?
  • Oui s’il vous plaît.
  • Tu as vu la neige qui tombe ? Quand j’ai vu ça ce matin, j’ai dit à George : Gisèle doit être aux anges !

La jeune fille se mit à rire.

  • Vous ne pouvez pas savoir à quel point !
  • Honnêtement, avec cette guerre, je ne pensais pas assister à une autre chute de neige, ni à un autre Noel. C’est…
  • Magique, termina Gisèle
  • Oui c’est ça, magique ! Allez tiens, ne perd pas ton temps à me parler et va profiter de la météo !

Gisèle l’a remercia et se remit en chemin.

Elle se rendit dans le parc, enleva rapidement la neige présente sur un banc du bout des doigts, elle se dépêcha car elle n’avait pas de gant et la neige était glacée comme elle pouvait s’y attendre. Elle s’y assit et dégusta son délicieux croissant. Depuis que la guerre était terminé tout avait un goût différent, les saveurs étaient meilleurs, les moments plus intenses et les discussions avec les autres plus passionnantes. Gisèle profita du moment, elle regarda les gens passer, il y avait un couple de personnes âgées qui marchait main dans la main, une mère de famille avec une poussette et trois enfants qui suivaient gentiment. Il y avait aussi un homme en costume qui marchait tranquillement, sa sacoche à la main et quelques enfants qui jouaient dans la neige.

Après une heure à admirer le paysage, Gisèle commençait a avoir froid, elle grelottait et décida de se réchauffer dans une petite librairie pas loin.

Ding, sonna la petite cloche quand Gisèle poussa la porte.

  • Bonjour jolie demoiselle, dit une vieille dame derrière une montagne de livres.
  • Oh, bonjour, je ne vous avez pas vu, dit Gisèle

Ça sentait la menthe et le livre ancien, Gisèle adorait cette odeur, elle se sentait en sécurité au milieu des belles histoires qui l’entourait. Elle feuilletait une dizaine de livres avant de repérer une porte entre ouverte dans le fond, elle s’approcha. Elle hésita, le bout des doigts sur la poignée, puis demanda à la femme :

  • Je peux ?

Cette dernière lui fit un clin d’œil.

Gisèle entra et découvrit une pièce sombre, il n’y avait rien, du moins rien que la jeune fille ne pouvait voir. Quand elle se décida à quitter la pièce mystérieuse, elle vit un objet scintiller. Elle se rapprocha et découvrit une boule à neige. Une magnifique boule à neige. A l’intérieur, il y avait une église et quelques bâtiments. On pouvait aussi voir des sapins et des enfants faire un bonhomme de neige. Quand Gisèle secoua l’objet, la neige recouvrait le village d’une telle manière, que la jeune fille en eut les larmes aux yeux.

  • Elle vous plait ?

Gisèle sursauta, c’était la femme qui tenait la librairie,

  • Oui, beaucoup !
  • Alors elle est à vous !
  • Je vous demande pardon ?
  • Prenez là, je vous l’offre !
  • Non, je… Vous êtes gentilles mais je ne peux pas accepter !
  • Bien sûr que si ! Cet objet a appartenu à mon arrière grand-mère, elle disait qu’elle était magique !
  • Mais c’est un objet de famille, non, gardez-là, elle est à vous !
  • Enfin, ma p’tit demoiselle, je suis vieille et je n’ai pas d’enfant, si je meurt, elle va partir à la poubelle ou être vendu, ce n’est pas ce que je veux…

Sans trop savoir pourquoi, Gisèle prit la femme dans ses bras, elle n’avait pas pu s’en empêcher. Elle s’essuya les yeux, acheta un livre et remercia mille fois la généreuse vieille femme.

Encore sous l’émotion, Gisèle titubait dans les rues enneigées. Elle était tellement ailleurs qu’elle ne vit pas le jeune homme qui marchait en face d’elle et lui fonça dedans. Gisèle leva les yeux et fut subjugué par sa beauté, mais elle avait rendez-vous elle devait partir. Elle n’échangea pas un mot avec lui mais son visage resta gravé dans sa mémoire.

Il était déjà tard et Gisèle devait revenir chez elle, ce soir c’était la veillée de Noël, et la jeune fille n’aurait raté cela pour rien au monde. Elle se dépêcha de rentrer, et une fois à la maison, elle se mit à l’aise et se rendit dans la cuisine pour aider sa mère à préparer le fabuleux festin qui les attendait. Avec la guerre qui avait fait rage, le repas qu’ils s’apprêtaient à manger en famille, ne pouvait pas être plus incroyable. L’odeur des pommes de terre parfumait toute la maison et Gisèle eut bien du mal et ne pas piocher dans le plat.

Quand ils eurent terminé le repas, Gisèle aida sa grand-mère à remonter dans la chambre, elle était malade et avait fait un gros effort pour partager le repas de Noël en leur compagnie, toute la famille lui en était reconnaissante, mais il se faisait tard et elle était fatiguée. Gisèle resta avec elle, elles parlèrent et rirent encore une heure au moins.

  • Gisèle, laisse ta grand-mère se reposer, lui avait dit son père
  • D’accord !

Mais avant de partir, elle devait lui donner quelque chose.

Elle courut dans sa chambre, prit le paquet et se remit à côté de sa grand-mère.

  • Tiens c’est pour toi.

Quand elle sortit la boule à neige du sac, les yeux de sa grand-mère se mirent à briller de mille feux. Un sourire s’était dessiné sur ses lèvres et malgré la fatigue, elle se leva pour embrasser sa petit fille.

Driiiing, l’horloge sonna minuit.

  • Joyeux Noël, grand-mère.

 

  • Vous allez bien ?
  • Oh, oui, répondit l’infirmière, le visage couvert de larmes, c’était une magnifique histoire !

Madame Goht sourit.

  • Je n’ai pas vu l’heure, je dois retourner travailler et vous laisser vous reposer !
  • Vous savez à mon âge on ne doit pas se reposer, mais profiter de l’instant.
  • Vous avez raison, je serais ravie d’entendre une autre de vos histoires, enfin si vous voulez bien !
  • Avec grand plaisir ! Mais avant j’ai oublié de vous dire quelque chose. Vous vous rappelez quand la femme de la librairie m’a dit que la boule à neige était magique ?
  • Oh oui, c’était vrai ?
  • Et bien, je ne crois pas vraiment en la magie mais le jeune homme que j’ai bousculé en sortant, trop absorbé par la boule à neige, et bien…
  • Bonjour Gisèle,
  • Bonjour Mr Goht, dit l’infirmière qui sursauta à son arrivé, ce n’était pas très professionnel, elle se releva d’un bond et s’apprêta à sortir.

Elle ajouta :

  • Attendez, vous ne m’avez pas dit qui c’était ?

Gisèle regarda son mari.

  • Vous voulez dire que c’est… Dit l’infirmière bouche bée

Elle ne reçut comme réponse qu’un sourire de la part de sa patiente.

  • Vous aviez raison, chuchota la jeune fille, c’est…Magique ! »

 


J’espère que vous avez aimé cette histoire et en attendant d’avoir les résultats, je vous souhaite encore de passer de très belles fêtes et un Joyeux Noël à vous ! ❤🎄